
Notre relation aux enfants en dit long sur nous-même et sur notre monde. Comprendre et respecter un enfant, c’est aussi se regarder en miroir : interroger nos blessures, nos conditionnements, et les valeurs de la société dans laquelle nous vivons.
Les droits de l’enfant
Les droits de l’enfant auront bientôt 40 ans. Depuis 1989, le fait d’être soigné, d’aller à l’école, d’être protégé ou simplement d’exprimer une opinion est reconnu comme un droit fondamental pour tous les enfants du monde. En France, la Convention internationale des droits de l’enfant est entrée en vigueur le 6 septembre 1990.
Oui, les choses ont évolué. Dans les pays occidentaux, les enfants bénéficient aujourd’hui de meilleures conditions de vie, de scolarité, de sécurité.
Mais poser un cadre légal ne suffit pas. Un texte de loi, aussi essentiel soit-il, n’a de puissance réelle que lorsqu’il est vivant dans la conscience des adultes.
Grandir en conscience
Respecter un droit ne devrait pas être une obligation légale, mais un acte naturel, enraciné dans une conscience éveillée. Et cette conscience, elle se construit en nous, adultes, dans la relation que nous entretenons avec notre propre enfance.
Comment accueillir sincèrement la parole d’un enfant si, enfants nous-mêmes, nous n’avons jamais été écoutés ?
Comment comprendre ses besoins profonds si nous n’avons jamais appris à reconnaitre et honorer les nôtres ?
Comment poser un cadre juste sans basculer dans la domination ou le laxisme si nous n’avons pas interrogé nos propres héritages éducatifs ?
Les droits de l’enfant ne doivent pas seulement être appliqués : ils doivent être compris, ressentis, intégrés. Cela suppose un cheminement intérieur : un retour à soi, à son histoire, et parfois à des blessures non reconnues.
Une évolution intérieure
Les droits de l’enfant ont marqué une avancée historique majeure. Mais aujourd’hui, une nouvelle étape s’impose, urgente même : celle d’une transformation intérieure de notre posture d’adulte, de parent, d’éducateur ou de professionnel :
Écouter véritablement, sans projeter ni minimiser.
Changer notre regard sur l’enfant, son rôle et notre place à ses cotés.
Accueillir les émotions pour ce qu’elles révèlent, en nous et en lui.
Et surtout, faire un travail sur nous-mêmes, pour ne pas reproduire, inconsciemment, ce que nous avons subi sans l’avoir questionner
Une responsabilité humaine
Et si cette Convention, au lieu d’être seulement une base juridique, devenait un miroir tendu à notre humanité ? Reconnaître pleinement l’enfant, c’est aussi reconnaître l’enfant en soi. C’est une invitation à mieux se comprendre, mieux aimer, mieux transmettre. Une opportunité de faire évoluer la conscience collective. Car élever un enfant, c’est avant tout faire grandir un être humain, en acceptant humblement de grandir avec lui.
Et vous, que dit votre regard sur les enfants, de votre propre histoire ?
À bientôt pour continuer à questionner l’essentiel. Prenez soin de l’enfant en vous, et autour de vous
Marine Verretoux