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Vulnérable, donc humain

Publié le 13 avril 2026

Marine Verretoux

Être vulnérable, ce n’est pas une faiblesse. C’est un état profondément humain. Accueillir la vulnérabilité est peut-être un acte des plus puissants. Dans un monde qui valorise le contrôle et la performance, l’émotion nous ramène à notre vérité intérieure. Derrière notre difficulté à accueillir les émotions de nos enfants, se cache bien souvent, notre propre difficulté à accueillir les nôtres.

Quand l’enfant dit :

« J’ai peur », « Je suis triste », ou qu’il pleure ou est en colère sans pouvoir expliquer pourquoi, il ne cherche pas une solution immédiate. Il cherche un espace où il peut être, un regard qui le reconnaît, une présence qui ne fuit pas son émotion. Et pourtant, combien de fois entend-il :

« Ce n’est rien »
« Tu pleures pour pas grand-chose »
« Allez, ça suffit maintenant »

Ces phrases paraissent anodines. Parfois, elles sont même bien intentionnées. Mais elles peuvent blesser l’enfant en profondeur.

Émotions et cerveau en construction

Les neurosciences affectives nous éclairent sur le fonctionnement du cerveau émotionnel des enfants :

– Le système limbique, qui gère les émotions, est actif dès la naissance.
– Le cortex préfrontal, responsable du raisonnement, de l’analyse et de l’autorégulation, ne termine sa maturation qu’à l’âge de 25 ans.

L’enfant ressent intensément, mais il lui faudra plusieurs années pour apprendre à comprendre et canaliser ce qu’il traverse. Il a donc besoin d’un adulte calme, présent, empathique pour l’aider à accueillir son émotion. C’est ce qu’on appelle la co-régulation émotionnelle.

Miroir de notre propre histoire

Quand une émotion chez l’enfant nous dérange, nous submerge ou nous pousse à la faire taire, ce n’est pas seulement à elle que nous réagissons. C’est à l’écho qu’elle réveille en nous.

Ce que nous n’arrivons pas à accueillir chez l’enfant nous reflète des parts de nous-mêmes que nous n’accueillons pas encore. Des blessures anciennes, refoulées, qui appellent à être reconnues et apaisées.

Ainsi, notre réaction face à l’émotion de l’enfant parle aussi de notre histoire émotionnelle. En prendre conscience, c’est commencer à se libérer et offrir à l’enfant et à nous-mêmes une chance de construire un lien apaisé, profond, humain.

Notre posture d’adulte

Accueillir une émotion, ce n’est pas « céder », c’est offrir à l’enfant une sécurité relationnelle et émotionnelle. Nous n’avons pas besoin de résoudre ni tout expliquer. Nous avons juste besoin d’être présent, pleinement. L’enfant développe alors un lien d’attachement sécure et une intelligence émotionnelle durable.

Nous posons les fondations d’un futur adulte capable de s’auto-réguler, d’aimer et de coopérer. Chaque émotion niée devient un poids. Chaque émotion accueillie devient une force intérieure.

À bientôt pour continuer de grandir  ensemble.
Prenez soin de votre vulnérabilité, et de celle des autres.

Marine Verretoux

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